{"id":345,"date":"2024-11-11T14:26:47","date_gmt":"2024-11-11T14:26:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.genealogie.herve-bennezon.com\/?p=345"},"modified":"2024-11-11T14:26:47","modified_gmt":"2024-11-11T14:26:47","slug":"lunivers-damedee-bennezon-1840-1924-berger-a-courtemanche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/?p=345","title":{"rendered":"L\u2019univers d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Bennezon (1840-1924), berger \u00e0 Courtemanche"},"content":{"rendered":"\n<p>Au cours de mes recherches aux Archives d\u00e9partementales de la Somme, j\u2019ai crois\u00e9 le nom d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Bennezon, berger \u00e0 <strong>Courtemanche<\/strong> dont j\u2019ignorais absolument tout. Il s\u2019agissait du fr\u00e8re d\u2019Hilaire Bennezon (1842-1886), mon trisa\u00efeul, lui aussi berger, mais \u00e0 <strong>Hangest-en-Santerre<\/strong>. D\u00e9sireux de lever le voile sur l\u2019univers r\u00e9volu des p\u00e2tres, j\u2019ai profit\u00e9 de la long\u00e9vit\u00e9 de ce \u00ab\u00a0grand-oncle\u00a0\u00bb, pour appr\u00e9hender les grands traits de son existence \u00e0 Courtemanche. Les d\u00e9couvertes se sont accumul\u00e9es, me permettant de dresser le portrait d\u2019un paysan oubli\u00e9, portrait qui vaut pour nombre de ses contemporains.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire d\u00e9bute dimanche 26 janvier 1840 \u00e0 trois heures du matin, sous le r\u00e8gne de Louis-Philippe (1830-1848), lorsque Pierre-Firmin-Am\u00e9d\u00e9e Bennezon, huiti\u00e8me enfant de Pierre Bennezon, trente-sept ans, ma\u00e7on, et de Virginie Pletz, trente-quatre ans, est venu au monde au domicile de ses parents, 2 rue du Chemin-crois\u00e9 \u00e0 Hangest-en-Santerre, bourgade de 1\u00a0300 habitants<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir convol\u00e9 le 18 mai 1825 \u00e0 l\u2019\u00e9glise de Contoire, village natal de Virginie, le couple a d\u2019abord eu sept filles, n\u00e9es entre 1826 et 1837. Mais la malnutrition, l\u2019absence de traitements m\u00e9dicamenteux fiables, des r\u00e8gles d\u2019hygi\u00e8ne inexistantes, la chaumi\u00e8re proche des marais de l\u2019Avre, ont eu rapidement raison de trois d\u2019entre elles ; comme aux si\u00e8cles pass\u00e9s, il fallait toujours \u00ab\u00a0deux enfants pour faire un adulte\u00a0\u00bb. En tout \u00e9tat\u00a0de cause, en 1839, pour des raisons qui nous \u00e9chappent, les Bennezon ont choisi de quitter Contoire pour s\u2019installer \u00e0 Hangest avec leurs quatre filles : M\u00e9lanie avait treize ans, Robertine, douze ans, No\u00eblle, dix ans, et L\u00e9ontine, cinq ans. Par la suite, Virginie a mis au monde ses deux gar\u00e7ons, Am\u00e9d\u00e9e et Hilaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra de 1849<\/h2>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Cependant, une violente \u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra a s\u00e9vi en Europe. Personne ne savait vraiment comment y \u00e9chapper et les autorit\u00e9s ont estim\u00e9 \u00e0 cent mille le nombre de victimes en France<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Certaines localit\u00e9s ont connu une tr\u00e8s impressionnante surmortalit\u00e9, avec dix fois plus de d\u00e9c\u00e8s \u00e0 Contoire que l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019explosion du nombre de d\u00e9c\u00e8s en 1849<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Localit\u00e9s<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>1848<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>1849<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Arvillers<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">24<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">32<\/td><\/tr><tr><td>Contoire<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">5<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">52<\/td><\/tr><tr><td>Davenescourt<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">26<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">97<\/td><\/tr><tr><td>Hangest-en-Santerrre<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">38<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">105<\/td><\/tr><tr><td>Le Quesnel<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">22<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">34<\/td><\/tr><tr><td>Montdidier<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">117<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">142<\/td><\/tr><tr><td><strong>Ensemble<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>232<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>462<\/strong><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Les plus pauvres succombaient en masse. A Hangest, Albert Friese (1804-1858), r\u00e9fugi\u00e9 polonais et m\u00e9decin de la commune depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, s\u2019occupait de ses malades comme il le pouvait. Il a laiss\u00e9 un m\u00e9moire qui porte le nom de ses patients et le nombre de ses visites diurnes (148) et nocturnes (52) afin d\u2019\u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 par les autorit\u00e9s d\u00e9partementales (606 francs). Selon le document, cent-cinquante-deux chol\u00e9riques visit\u00e9s \u00e0 Hangest \u00e9taient des indigents<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. Dans le m\u00eame temps, il a secouru quarante malades de la suette, sorte de fi\u00e8vre typho\u00efde qui n\u2019a finalement tu\u00e9 personne.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absorption des vibrions du chol\u00e9ra par voie buccale d\u00e9clenchait une d\u00e9shydratation spectaculaire provoqu\u00e9e par des diarrh\u00e9es et des vomissements sans fin. La moiti\u00e9 des malades en mouraient. La contamination s&rsquo;effectuait par l\u2019eau, les aliments, les v\u00eatements souill\u00e9s et les contacts directs. Les r\u00e8gles d\u2019hygi\u00e8ne les plus \u00e9l\u00e9mentaires \u00e9taient inconnues et le tr\u00e9pas des membres de la famille Pillot n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 la tenue d\u2019une vente aux ench\u00e8res dans leur demeure mortuaire<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Comme une grande partie de la population locale s\u2019y pressait en vue d\u2019acqu\u00e9rir des effets mobiliers \u00e0 bas prix, on pressent les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses de l\u2019attroupement. Pierre Bennezon a profit\u00e9 de l\u2019aubaine, achetant une faux \u00e0 avoine pour une somme modique, 1,30 franc seulement. Peu apr\u00e8s, la maladie le rattrapait, ainsi que sa femme et la plus jeune de leurs filles. Virginie est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 27 septembre 1849 \u00e0 quarante-quatre ans\u00a0; Pierre, quarante-six\u00a0ans, l\u2019a rejoint dans la tombe le 1<sup>er<\/sup> octobre ; L\u00e9ontine, quatorze ans, a surv\u00e9cu au fl\u00e9au.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, les six orphelins ont d\u00fb faire face. Le 11 d\u00e9cembre suivant,M\u00e9lanie (1826-1898), l\u2019a\u00een\u00e9e, a \u00e9pous\u00e9 D\u00e9sir\u00e9 Dumont (1826-1889), jeune mar\u00e9chal-ferrant dont la m\u00e8re venait aussi de succomber au chol\u00e9ra<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. De nos jours, on peine \u00e0 imaginer leur insondable mis\u00e8re. D\u00e9sir\u00e9 et M\u00e9lanie ont pris en charge Am\u00e9d\u00e9e et Hilaire, deux gar\u00e7onnets\u00a0; leurs s\u0153urs un peu plus \u00e2g\u00e9es travaillaient depuis plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0 dans la bonneterie, comme des milliers d\u2019autres ruraux des environs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Plac\u00e9s comme bergers<\/h2>\n\n\n\n<p>Sous la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique, l\u2019Etat a entrepris de scolariser gratuitement les jeunes indigents m\u00e2les \u00e2g\u00e9s de cinq \u00e0 treize ans (loi du 15 mars 1850). En 1851, la mesure concernait vingt-sept gar\u00e7ons d\u2019Hangest, parmi lesquels Am\u00e9d\u00e9e et Hilaire. A la rentr\u00e9e de septembre 1853, ils \u00e9taient encore vingt-deux indigents \u00e0 int\u00e9grer la classe de Luglien-S\u00e9bastien Maillard (1819-1897), instituteur de l\u2019\u00e9cole publique d\u2019Hangest originaire de Royaucourt. Parmi eux, huit orphelins (dont les fr\u00e8res Bennezon) et un enfant abandonn\u00e9<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Les le\u00e7ons ont davantage profit\u00e9 \u00e0 Am\u00e9d\u00e9e qu\u2019\u00e0 Hilaire\u00a0; l\u2019a\u00een\u00e9 a appris \u00e0 lire et \u00e9crire tr\u00e8s convenablement tandis que le cadet, s\u2019il savait d\u00e9chiffrer un texte, a quitt\u00e9 les bancs de l\u2019\u00e9cole sans savoir \u00e9crire. Peu importait, car il \u00e9tait grand temps d\u2019aller travailler. Plac\u00e9s sous la houlette de l\u2019un desbergers d\u2019Hangest en 1854,ils ont appris \u00e0 s\u2019occuper d\u2019un troupeau de moutons, en m\u00eame temps qu\u2019Eug\u00e8ne Dumont et Alfred Revel, leurs beaux-fr\u00e8res \u00e0 peine plus \u00e2g\u00e9s et eux aussi orphelins<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Veiller \u00e0 la protection et \u00e0 la nourriture d\u2019un cheptel au quotidien requiert des connaissances pr\u00e9cises, aussi la place \u00e9tait int\u00e9ressante. Les bergers percevaient d\u2019ailleurs de meilleurs gages, acquitt\u00e9s en bl\u00e9 et en argent comptant, que la masse des domestiques agricoles, charretiers compris<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. La transmission des pratiques du m\u00e9tier acquise, D\u00e9sir\u00e9 Dumont a plac\u00e9 les quatre adolescents chez des fermiers des environs, son fr\u00e8re Eug\u00e8ne \u00e0 Villers-l\u00e8s-Roye, son cousin Alfred Revel \u00e0 Gratibus, Am\u00e9d\u00e9e \u00e0 Courtemanche et Hilaire \u00e0 Fontaine-sous-Montdidier<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous le Second Empire, les cent-quarante-neuf habitants de Courtemanche comptaient quelques fermiers ais\u00e9s (les Fontaine et les Picard, les Gossuin, les Gu\u00e9nard et les Gu\u00e9rard) dont les moutons broutaient les herbages de la vall\u00e9e des Trois-Doms, les jach\u00e8res et les chemins verts. Au gr\u00e9 des saisons, Am\u00e9d\u00e9e menait aussi son troupeau en dehors de la commune. Il devenait alors difficile, voire impossible de quitter ses b\u00eates, voleurs et loups \u00e9tant toujours \u00e0 craindre. A titre d\u2019exemple, durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1865, parce qu\u2019il devait parapher un acte notari\u00e9, il a fallu qu\u2019un clerc le lui apporte en mains propres de Montdidier, \u00ab\u00a0jusqu\u2019\u00e0 Cantigny, sur la route de Grivesnes\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Silhouette caract\u00e9ristique du plat pays, \u00e9quip\u00e9 d\u2019un pliant, prot\u00e9g\u00e9 des intemp\u00e9ries par un parapluie et son long manteau, le berger s\u2019appuyait sur un \u00ab\u00a0crochet\u00a0\u00bb, houlette longue d\u2019un m\u00e8tre cinquante environ et n\u00e9cessaire pour guider les moutons dans le droit chemin, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un parc constitu\u00e9 de claies pr\u00e9alablement install\u00e9<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La \u00ab\u00a0cab\u00e8n ed berji\u00a0\u00bb \u00e9mergeait dans la tr\u00e8s relative solitude des plaines. Roulotte en planches de deux m\u00e8tres de long sur un m\u00e8tre de haut, mont\u00e9e sur roues et munie de brancards, le berger la d\u00e9pla\u00e7ait dans les p\u00e2tures en suivant son troupeau.<\/p>\n\n\n\n<p>Sp\u00e9cialistes des plantes et de la nature, un peu rebouteux, parfois craints pour cela, les p\u00e2tres connaissaient les plantes, les hommes et les b\u00eates<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Au printemps et jusqu\u2019au mois de juillet, ils couvraient les parties g\u00e9nitales du b\u00e9lier avec une sorte de tablier de toile forte. Il fallait emp\u00eacher la naissance des agneaux avant les f\u00eates, p\u00e9riode o\u00f9 leur chair \u00e9taient particuli\u00e8rement convoit\u00e9e<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Quand \u00ab\u00a0enne berleude\u00a0\u00bb (une brebis) avait agnel\u00e9 trois fois, elle finissait sa vie \u00e0 la boucherie, \u00e0 Montdidier. Sa viande \u00e9tant le plus souvent m\u00e9diocre, les Picards surnommaient par d\u00e9rision leurs bouchers \u00ab\u00a0ch\u2019berle\u00fbdji\u00a0\u00bb, les vendeurs de carne.<\/p>\n\n\n\n<p>En hiver, les bergers rentraient leurs \u00ab\u00a0b\u00eates blanches\u00a0\u00bb sous la chenaill\u00e8re de la grange, la \u00ab\u00a0chnay\u00e8r\u00a0\u00bb, grenier \u00e0 claire-voie sous lequel tr\u00f4nait le \u00ab\u00a0b\u00e8r\u00a0\u00bb, dans lequel ils versaient l\u2019avoine destin\u00e9e \u00e0 nourrir les moutons. Les agneaux se r\u00e9fugiaient sous cette longue auge sur pieds, \u00e0 l\u2019abri du pi\u00e9tinement du troupeau. Mais l\u2019enfermement des brebis dans les granges, de plus en plus fr\u00e9quent tandis que l\u2019espace d\u00e9volu aux p\u00e2tures reculait, avait pour corolaire l\u2019appauvrissement de leur toison que les bergers tondaient avec de forts ciseaux, \u00ab\u00a0dz\u00e9 forch\u00a0\u00bb (les forces).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; En 1860, Am\u00e9d\u00e9e Bennezon a atteint ses vingt ans. Pour l\u2019heure, il a d\u00fb laisser son troupeau et se rendre \u00e0 Moreuil pour passer devant le conseil de r\u00e9vision. Le registre d\u2019incorporation, qui existe toujours, mentionne son degr\u00e9 d\u2019instruction \u00ab&nbsp;1-2&nbsp;\u00bb (sachant lire et \u00e9crire) mais \u00ab&nbsp;a\u00een\u00e9 d\u2019orphelin&nbsp;\u00bb, le voici exempt\u00e9 d\u2019un service militaire qui durait sept ans. En 1862, Hilaire, son fr\u00e8re, berger \u00e0 Fontaine-sous-Montdidier, a \u00e9t\u00e9 exempt\u00e9 \u00e0 son tour, pour d\u00e9faut de taille. Afin d\u2019int\u00e9grer la troupe, il aurait fallu qu\u2019il atteigne 1,56 m. sur la toise. Une g\u00e9n\u00e9ration plus t\u00f4t, son p\u00e8re et son oncle Prosper Bennezon mesuraient respectivement 1,59 m. et 1,54 m., statures fr\u00e9quentes, fruits de la pauvret\u00e9 et de son cort\u00e8ge de multiples carences. Sur le registre du conseil de r\u00e9vision, on apprend en outre qu\u2019Hilaire s\u2019\u00e9tait cass\u00e9 une hanche et le m\u00e9decin a ajout\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce jeune homme n\u2019a pas de tuteur, ses trois s\u0153urs sont mari\u00e9es \u00e0 Hangest-en-Santerre&nbsp;\u00bb, \u00e9mouvante mention d\u2019un trisa\u00efeul jeune homme en 1862&nbsp;<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Samedi 18 janvier 1862, l\u2019union d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Bennezon avec Apolline Bourbier (1837-1915) a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e par Fran\u00e7ois-Joseph Gu\u00e9rard (n\u00e9 en 1809), maire de Courtemanche. Sur l\u2019acte de mariage apparaissent P\u00e9tronille Ducastel (1807-1870), veuve Bourbier, m\u00e8re de la jeune femme, Narcisse Bourbier (1838-1901), manouvrier \u00e0 Montdidier, son fr\u00e8re, Gr\u00e9goire H\u00e9nique (1816-1884), son oncle. Am\u00e9d\u00e9e avait choisi pour t\u00e9moins des amis cultivateurs \u00e0 Courtemanche, Florent Gu\u00e9rard (n\u00e9 en 1828) et Jean-Baptiste Gu\u00e9rard (n\u00e9 en 1835).<\/p>\n\n\n\n<p>Le 7 ao\u00fbt 1865, P\u00e9tronille Ducastel, veuve depuis plusieurs ann\u00e9es, s\u2019est remari\u00e9e avec Charles Wattebled (1804-1892), ancien gendarme, garde-champ\u00eatre de Courtemanche. Avant de convoler, elle a vers\u00e9 leur part d\u2019h\u00e9ritage paternel \u00e0 Apolline et Narcisse. Un acte notari\u00e9 d\u00e9voile les avoirs d\u2019une humble paysanne qui, comme beaucoup de ruraux sous le Second Empire, avait sans doute vu ses revenus augmenter, tandis que le salaire agricole quotidien atteignait 2,25 frs dans la Somme (moiti\u00e9 moins pour les femmes, toutefois)<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. Son patrimoine atteignait 2\u00a0275 frs\u00a0: 435 frs de biens mobiliers, 1\u00a0200 frs d\u2019\u00e9conomies et 640 frs pour un verger plant\u00e9 en pommiers rue Godard, d\u00e9limit\u00e9 par la rivi\u00e8re des Trois-Doms, et dans lequel la veuve avait fait \u00e9difier une grange.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1870, l\u2019ann\u00e9e terrible<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 20 juin 1870, une semaine apr\u00e8s avoir fait r\u00e9diger son testament par M<sup>e<\/sup> Levesque, notaire \u00e0 Montdidier venu tout expr\u00e8s \u00e0 Courtemanche, P\u00e9tronille est morte chez elle \u00e0 l\u2019issue d\u2019une \u00ab\u00a0cruelle maladie\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. Pr\u00e9venu de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 pr\u00e9caire de sa m\u00e8re, Narcisse Bourbier, d\u00e9sormais domicili\u00e9 \u00e0 Paris, 4 rue Amelot, pr\u00e8s de place de la Bastille, a pu se rendre \u00e0 temps \u00e0 Courtemanche et lui faire ses adieux. Il a d\u00e9clar\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s au maire avec Am\u00e9d\u00e9e Bennezon, son beau-fr\u00e8re, dont l\u2019\u00e9pouse h\u00e9ritait du verger et de la grange rue Godard. Cependant, les nuages s\u2019accumulaient sur l\u2019Empire fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 19 juillet 1870, la guerre franco-prussienne a \u00e9clat\u00e9. Apr\u00e8s plusieurs d\u00e9faites en Alsace, parmi lesquelles la tristement c\u00e9l\u00e8bre charge des cuirassiers \u00e0 Reichshoffen, les op\u00e9rations militaires ont rapidement tourn\u00e9 au d\u00e9sastre\u00a0; Napol\u00e9on III a \u00e9t\u00e9 fait prisonnier \u00e0 Sedan le 2 septembre avec 83\u00a0000 hommes. Malgr\u00e9 la proclamation de la r\u00e9publique, la guerre se poursuivait\u00a0; bient\u00f4t, le nord et l\u2019est de la France \u00e9taient envahis. Le 1<sup>er<\/sup> octobre 1870, le pr\u00e9fet de la Somme a interdit la tenue des march\u00e9s d\u2019Ailly-sur-Noye, Moreuil, Montdidier et Roye pour emp\u00eacher l\u2019exp\u00e9dition de denr\u00e9es qui pourraient ravitailler l\u2019ennemi. Le 17 octobre, les Prussiens bombardaient Montdidier depuis la Butte du Moulin, sur la route de Tricot<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>. En novembre, de violents combats se d\u00e9roulaient dans l\u2019Ami\u00e9nois et le Santerre et le 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre, la citadelle d\u2019Amiens tombait aux mains des Allemands qui avaient d\u00e9j\u00e0 investi la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces \u00e9v\u00e9nements ont brutalement sorti les environs de Montdidier de leur qui\u00e9tude. Le 20 novembre 1870, \u00e0 Fontaine, des mobiles de la garde nationale ont attaqu\u00e9 un escadron de soixante-deux uhlans. A Courtemanche, les villageois entendaient avec angoisse le claquement sec des coups de feu tandis qu\u2019\u00e0 Fontaine, \u00ab un tout jeune homme plein de bravoure\u00a0\u00bb capturait un uhlan dont le cheval avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Pourtant, les Prussiens ont fini par conqu\u00e9rir l\u2019ensemble du d\u00e9partement qu\u2019ils ont occup\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin juillet 1871. A la merci des vainqueurs, la population a d\u00fb loger et nourrir l\u2019ennemi. A Montdidier m\u00eame, les r\u00e9quisitions ont co\u00fbt\u00e9 245\u00a0299 frs et, m\u00eame si la municipalit\u00e9 a fini par obtenir 158\u00a0642 frs de d\u00e9dommagement par l\u2019Etat en 1872, la perte s\u00e8che pour la population s\u2019est av\u00e9r\u00e9e tr\u00e8s importante. Le constat est identique aux environs et plusieurs maires ont d\u00e9taill\u00e9 leurs demandes de d\u00e9dommagement au sous-intendant militaire \u00e9tabli \u00e0 Amiens. Ainsi, \u00e0 Cantigny :<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019occupation allemande \u00e0 Cantigny (1870-1871)<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Dates<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>Soldats<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>Chevaux<\/strong><\/td><td><strong>Unit\u00e9s<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>25 novembre 1870<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">700<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">84<\/td><td>28<sup>e<\/sup> r\u00e9giment du Rhin<\/td><\/tr><tr><td>17 d\u00e9cembre 1870<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">1 100<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">252<\/td><td>44<sup>e<\/sup> rgt d\u2019infanterie et 7<sup>e<\/sup> rgt de uhlans<\/td><\/tr><tr><td>18-19 d\u00e9cembre 1870<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">170<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">230<\/td><td>Convoi de voituriers<\/td><\/tr><tr><td>22-25 f\u00e9vrier 1871<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">80<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">90<\/td><td>Hussards de la Garde<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Au gr\u00e9 du passage des troupes, Am\u00e9d\u00e9e et Apolline ont d\u00fb supporter chez eux la pr\u00e9sence de vingt-six Prussiens. Ils ont aussi subi des r\u00e9quisitions de fourrage et de paille pour la cavalerie de l\u2019ennemi<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Sans doute parce qu\u2019ils \u00e9taient trop pauvres pour en poss\u00e9der, ils n\u2019ont pas perdu de mouton. A Courtemanche, douze paysans ont signal\u00e9 des vols de b\u00e9tail.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9quisitions de b\u00e9tail \u00e0 Courtemanche (1870-1871)<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Noms<\/strong><\/td><td><strong>Professions<\/strong><\/td><td><strong>Pertes<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Bourbier Adolphe<\/td><td>Cultivateur<\/td><td>4 moutons<\/td><\/tr><tr><td>Brunel Pierre<\/td><td>Charpentier<\/td><td>1 vache<\/td><\/tr><tr><td>Capi\u00e9mont Auguste<\/td><td>Charpentier<\/td><td>1 porc<\/td><\/tr><tr><td>Chausson Achille<\/td><td>Domestique<\/td><td>1 vache<\/td><\/tr><tr><td>Dumont, veuve<\/td><td>Cabareti\u00e8re<\/td><td>1 porc<\/td><\/tr><tr><td>Fontaine Parfait<\/td><td>Fermier<\/td><td>3 porcs, 2 moutons<\/td><\/tr><tr><td>Gossuin Edouard<\/td><td>Cultivateur<\/td><td>5 moutons<\/td><\/tr><tr><td>Gossuin Eug\u00e8ne<\/td><td>Cultivateur<\/td><td>9 moutons<\/td><\/tr><tr><td>Gu\u00e9nard Jean<\/td><td>Cultivateur<\/td><td>1 porc<\/td><\/tr><tr><td>Gu\u00e9rard Florent<\/td><td>Cultivateur<\/td><td>11 moutons<\/td><\/tr><tr><td>H\u00e9nicque Gr\u00e9goire<\/td><td>Cultivateur<\/td><td>1 cheval<\/td><\/tr><tr><td>Pillon Stanislas<\/td><td>M\u00e9nager<\/td><td>1 porc<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le nombre de b\u00eates disparues surprend. Les cultivateurs avaient-ils r\u00e9ussi \u00e0 cacher leurs moutons\u00a0? Au sommet de la hi\u00e9rarchie sociale, ils ont toutefois fait les frais du passage de l\u2019ennemi dont ils ont d\u00fb aussi v\u00e9hiculer les charrois. La guerre termin\u00e9e, les Bennezon ont d\u00e9clar\u00e9 un pr\u00e9judice de 23 frs (3 frs de r\u00e9quisitions en nature, 20 frs de d\u00e9penses d\u2019h\u00e9bergement et de nourriture de l\u2019ennemi), somme relativement faible au regard des 795 frs de dommages subis par Parfait Fontaine (1816-1891), fermier du Forestel, qui avait d\u00fb nourrir 195 soldats et 25 chevaux<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. De son c\u00f4t\u00e9, Jean Gu\u00e9nard(1829-1899), cultivateur et entrepreneur de travaux publics, s\u2019est fait d\u00e9rober une on\u00e9reuse carte du d\u00e9partement de la Somme estim\u00e9e 8 frs\u00a0; fascinante information quand on sait combien l\u2019Etat-major fran\u00e7ais m\u00e9connaissait all\u00e9grement le terrain tandis que l\u2019ennemi, dot\u00e9 de cartes pr\u00e9cises, affrontait la topographie des territoires envahis et s\u2019orientait correctement sur les chemins.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u2019inqui\u00e9tantes nouvelles de la capitale<\/h2>\n\n\n\n<p>Avant la guerre, Narcisse Bourbier et Honorine Renault, son \u00e9pouse, fille d\u2019un cordonnier de Montdidier, avaient grossi les flux de l\u2019exode rural et rejoint Paris, consid\u00e9r\u00e9 par beaucoup de ruraux comme l\u2019eldorado. La r\u00e9alit\u00e9 les avait toutefois rattrap\u00e9s et le couple a \u00e9pous\u00e9 les id\u00e9aux de la Commune. Domicili\u00e9s 235 rue de Bercy au printemps 1871, Narcisse a \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 par les Versaillais comme de quarante mille autres communards. Intern\u00e9 en r\u00e9gion parisienne, il a ensuite \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9 en compagnie de treize cents insurg\u00e9s dans l\u2019un des forts de l\u2019\u00eele d\u2019Aix<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. Si les informations se diffusaient relativement vite, sa famille a d\u00fb se faire un sang d\u2019encre mais, le 5 ao\u00fbt 1871, l\u2019insurg\u00e9 a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un non-lieu, d\u00e9nouement aussi heureux qu\u2019inattendu. Narcisse semble avoir conserv\u00e9 certaines de ses convictions\u00a0; trente ans plus tard, au seuil de la mort, l\u2019ancien communard, concierge 95 rue des Boulets, dans le XI<sup>e<\/sup> arrondissement, choisissait d\u2019\u00eatre cr\u00e9matis\u00e9 au columbarium du P\u00e8re-Lachaise, pratique fun\u00e9raire notoirement anticl\u00e9ricale. Cinq ans apr\u00e8s, sa veuve, revenue s\u2019installer \u00e0 Montdidier,<strong> rue Adrien-de-La Morli\u00e8re,<\/strong> a fait transf\u00e9rer les cendres de son mari au cimeti\u00e8re communal<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Berger au Forestel<\/h2>\n\n\n\n<p>S\u2019occuper des troupeaux \u00e9tait une affaire de famille. Apr\u00e8s la guerre, Am\u00e9d\u00e9e Bennezon a fait recruter au Forestel Alfred Revel (1838-1906), l\u2019un de ses beaux-fr\u00e8res<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Mais apr\u00e8s le d\u00e9part de ce dernier, et la mort d\u2019Auguste Warnier (1805-1877), l\u2019autre berger du Forestel, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 subitement au milieu de ses moutons, Am\u00e9d\u00e9e leur a succ\u00e9d\u00e9 tandis qu\u2019Ars\u00e8ne Mantel, dix-sept ans, le rempla\u00e7ait \u00e0 Courtemanche<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a>. A cette \u00e9poque, Louis Picard (1847-1935), fermier du Forestel, \u00e9tait membre du conseil municipal du village. Durant de longues ann\u00e9es, Am\u00e9d\u00e9e est demeur\u00e9 \u00e0 son service. En mai 1889, pour le f\u00e9liciter, la <em>Soci\u00e9t\u00e9 des Agriculteurs de la Somme<\/em> lui a attribu\u00e9 une m\u00e9daille de bronze agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019une prime de 15 frs.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"516\" height=\"587\" src=\"http:\/\/www.genealogie.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Progres-de-la-Somme-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-347\" srcset=\"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Progres-de-la-Somme-2.png 516w, https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Progres-de-la-Somme-2-264x300.png 264w, https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Progres-de-la-Somme-2-230x262.png 230w, https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Progres-de-la-Somme-2-350x398.png 350w, https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Progres-de-la-Somme-2-480x546.png 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 516px) 100vw, 516px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Le Progr\u00e8s de la Somme<\/em>, 17 mai 1889<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un poste de confiance, garde-champ\u00eatre communal<\/h2>\n\n\n\n<p>Au mois d\u2019ao\u00fbt 1891, Am\u00e9d\u00e9e Bennezon a \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9 comme garde-champ\u00eatre par Augustin Deligni\u00e8res (1823-1895), maire de Courtemanche<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a>. Alphab\u00e9tis\u00e9, il pouvait remplir des t\u00e2ches administratives et l\u2019on retrouve r\u00e9guli\u00e8rement sa signature dans lesregistres de l\u2019\u00e9tat civil. Il fournissait au maire les certificats des m\u00e9decins de Montdidier venus constater des d\u00e9c\u00e8s. Il transmettait aussi le courrier de la pr\u00e9fecture aux \u00e9lus municipaux<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"707\" height=\"332\" src=\"http:\/\/www.genealogie.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/signature-Amedee-Bennezon-1886-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-350\" srcset=\"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/signature-Amedee-Bennezon-1886-1.png 707w, https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/signature-Amedee-Bennezon-1886-1-300x141.png 300w, https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/signature-Amedee-Bennezon-1886-1-230x108.png 230w, https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/signature-Amedee-Bennezon-1886-1-350x164.png 350w, https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/signature-Amedee-Bennezon-1886-1-480x225.png 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 707px) 100vw, 707px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La signature d&rsquo;Am\u00e9d\u00e9e Bennezon, 18 avril 1886<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Berger \u00e0 Courtemanche pendant pr\u00e8s de quatre d\u00e9cennies, Am\u00e9d\u00e9e connaissait parfaitement les \u00ab blanches et coquettes maisons du joli hameau de Courtemanche\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a>. Sa pr\u00e9sence n\u2019a toutefois pas emp\u00each\u00e9 qu\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9, la petite \u00e9glise Saint-Pierre, \u00e9difi\u00e9e sur une colline \u00e0 l\u2019\u00e9cart du village, re\u00e7oive la visite de malfrats. Les chasubles du cur\u00e9, des coupes et des calices, des \u00e9toles, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9rob\u00e9s, le tout d\u2019une valeur de 200 frs<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. Le malheureux garde-champ\u00eatre a certainement d\u00fb s\u2019en trouver contrari\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps a pass\u00e9. Au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies du si\u00e8cle, la fratrie d\u2019Am\u00e9d\u00e9e est pass\u00e9e de vie \u00e0 tr\u00e9pas<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a>.En 1898, il a h\u00e9rit\u00e9 de la moiti\u00e9 des biens d\u2019une ni\u00e8ce morte \u00e0 vingt-cinq ans, dont la maison, sise 15-17 rue des S\u0153urs-Grises \u00e0 Amiens, a \u00e9t\u00e9 vendue aux ench\u00e8res moyennant 3\u00a0100 frs. M\u00eame r\u00e9duite de moiti\u00e9, la somme a sans nul doute am\u00e9lior\u00e9 le quotidien d\u2019Am\u00e9d\u00e9e et Apolline<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 21 juillet 1911 \u00e0 Montdidier, Louis-Lucien Klotz (1868-1930), ministre des finances, maire d\u2019Ayencourt-le-Monchel (1900-1928), conseiller g\u00e9n\u00e9ral du canton de Rosi\u00e8res-en-Santerre (1896-1928) et d\u00e9put\u00e9 radical de la circonscription de Montdidier (1898-1925), a d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Am\u00e9d\u00e9e Bennezon la \u00ab\u00a0m\u00e9daille d\u2019honneur de la police rurale\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>. A soixante-dix ans bien sonn\u00e9s, il s\u2019agissait d\u2019une cons\u00e9cration, d\u2019autant qu\u2019Am\u00e9d\u00e9e avait toujours souhait\u00e9 s\u2019investir dans la vie municipale de Courtemanche. Candidat malheureux \u00e0 sept reprises aux \u00e9lections, il restait l\u2019\u00e9ternel assesseur de la mairie. Sans que l\u2019on connaisse ses opinions politiques, il n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re populaire. En 1908, il n\u2019a recueilli qu\u2019une voix mais, s\u2019il ne s\u2019est plus repr\u00e9sent\u00e9 par la suite, il a continu\u00e9 d\u2019animer la vie municipale<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>. Un document dat\u00e9 de 1912 signale qu\u2019il avait fourni la poudre du feu d\u2019artifice du 14 juillet<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\">[32]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les scores \u00e9lectoraux d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Bennezon aux \u00e9lections municipales de Courtemanche<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Ann\u00e9es<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">Electeurs<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">Voix<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">Pourcentage des voix<\/td><\/tr><tr><td>1878<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">35<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">8<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">22,8<\/td><\/tr><tr><td>1881<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">35<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">3<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">8,6<\/td><\/tr><tr><td>1892<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">33<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">4<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">12,1<\/td><\/tr><tr><td>1896<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">31<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">5<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">16,1<\/td><\/tr><tr><td>1900<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">32<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">2<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">6,2<\/td><\/tr><tr><td>1904<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">32<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">3<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">9,4<\/td><\/tr><tr><td>1908<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">32<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">1<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">3,1<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La tourmente des derni\u00e8res ann\u00e9es<\/h2>\n\n\n\n<p>Au cours de l\u2019ann\u00e9e 1915, Am\u00e9d\u00e9e a perdu sa femme. Malade depuis quelque temps, elle avait fait r\u00e9diger un testament en faveur de son mari<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\">[33]<\/a>. Directement situ\u00e9 dans la zone de l\u2019arri\u00e8re-front, l\u2019arrondissement de Montdidier \u00e9tait alors investi par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Cependant, l\u2019offensive allemande du printemps 1918 a bouscul\u00e9 les lignes et provoqu\u00e9 un exode massif. R\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Breteuil, 16 rue Raoul-Levavasseur, Am\u00e9d\u00e9e y est demeur\u00e9 deux ans, son village ayant \u00e9t\u00e9 ray\u00e9 de la carte lors de la contre-offensive fran\u00e7aise du 8 ao\u00fbt 1918. On imagine l\u2019insondable traumatisme des populations retrouvant leur univers irr\u00e9m\u00e9diablement ruin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1920, Am\u00e9d\u00e9e Bennezon, indemnis\u00e9 par l\u2019Etat, est rentr\u00e9 dans son village. Son habitation de trois pi\u00e8ces, rue des Ormeaux, toujours debout en apparence, \u00e9tait si \u00e9branl\u00e9e par les explosions qu\u2019il a fallu la d\u00e9molir, l\u2019entrepreneur charg\u00e9 de sa reconstruction ayant toutefois sauv\u00e9 dix mille briques<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Vingt-quatre m\u00e9nages et dix-neuf ouvriers du b\u00e2timent (neuf Fran\u00e7ais et dix \u00e9trangers) charg\u00e9s de r\u00e9\u00e9difier les lieux se partageaient une trentaine de maisons et de baraques provisoires. A quatre-vingt ans, Am\u00e9d\u00e9e, toujours garde-champ\u00eatre, donnait en location l\u2019une de ses deux maisons en cours de r\u00e9\u00e9dification. Par ailleurs, il poss\u00e9dait une rente \u00e0 3% et une cr\u00e9ance pour dommages de guerre, ainsi qu\u2019un hectare de terres labourables en quatre pi\u00e8ces \u00e0 Courtemanche et 11 ares de terre \u00e0 Fontaine-sous-Montdidier<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a>. Il a pass\u00e9 ses derni\u00e8res ann\u00e9es dans sa nouvelle demeure, rue Godard, en compagnie de Marie Condeville, domestique \u00e2g\u00e9e d\u2019une quarantaine d\u2019ann\u00e9es qu\u2019il faisait passer pour une cousine<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\">[36]<\/a>. N\u2019ayant jamais eu d\u2019enfants, il lui a l\u00e9gu\u00e9 une partie de ses biens (le verger rue Godard et des rentes), et le reste \u00e0 deux ni\u00e8ces, la succession repr\u00e9sentant un peu plus de 2\u00a0500 frs, maigres fruits d\u2019une vie de labeur. Il s\u2019est \u00e9teint samedi 9 f\u00e9vrier 1924, \u00e0 quatre-vingt-quatre ans, c\u2019\u00e9tait il y a un si\u00e8cle<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<h3 class=\"wp-block-heading\">T\u00e9moignage d\u2019Andr\u00e9 Bennezon (1918-2006), mon grand-p\u00e8re<\/h3>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Vers 1930, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 le commis du berger \u00e0 Davenescourt [R\u00e9gis Manfroy]. C\u2019\u00e9tait mon r\u00eave quand j\u2019\u00e9tais jeune de dormir dans sa cabane. Elle \u00e9tait tract\u00e9e par un cheval, et il la d\u00e9telait en plein champ. Ce n\u2019\u00e9tait pas trop dur, il avait un pliant, qu\u2019il transportait sur l\u2019\u00e9paule, et il s\u2019asseyait. Ce sont les chiens qui faisaient tout. Il en avait quatre ou cinq, il leur mettait des bottes de paille sous la cabane, entre les roues, et ils dormaient l\u00e0. Le berger ch\u00e2trait les agneaux parce qu\u2019il fallait garder un seul m\u00e2le dans le troupeau. Je leur tenais les pattes, et il leur coupait les testicules d\u2019un coup de couteau, puis il aspirait les bourses avec sa bouche, et il jetait les rognons blancs dans un r\u00e9cipient. Ils lui appartenaient, c\u2019\u00e9tait ainsi. Les rognons blancs \u00e9taient tr\u00e8s pris\u00e9s. Personne ne pouvait y toucher, pas m\u00eame de Villeneuve [Alban de Villeneuve-Bargemont (1859-1955), propri\u00e9taire du troupeau]\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Archives d\u00e9partementales de la Somme (ADS), Recensement d\u2019Hangest-en-Santerre, 1851.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Patrick Bourdelais, \u00ab&nbsp;Quand le chol\u00e9ra frappait l\u2019Europe&nbsp;\u00bb, <em>L\u2019Histoire<\/em>, 145, juin 1991.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> <a>ADS, 5M318, <\/a>Etats des d\u00e9penses, m\u00e9moires, correspondance, \u00e9tats des malades indigents, class\u00e9 par communes, automne 1849.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> ADS, 3E4202, Etude Chantrelle \u00e0 Hangest, vente aux ench\u00e8res Pillot, Hangest, 9 et 16 septembre 1849.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> ADS, Etat civil d\u2019Hangest, d\u00e9c\u00e8s de Jos\u00e9phine Guibet, femme Dumont, 19 septembre 1849.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> ADS, 60T3517, El\u00e8ves indigents de l\u2019arrondissement de Montdidier, 1851&nbsp;; 60T3248, 1853.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> Il pourrait s\u2019agir de Dominique Darvillers (1797-1875), membre de la parent\u00e8le des Bennezon. Autres bergers d\u2019Hangest \u00e0 cette \u00e9poque&nbsp;: Jean-Baptiste Fonchet (1796-1869) et son fils Jacques (1830-1857), Ferdinand Friant (1822-1898) et Edouard Langlet (1823-1859).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> ADS, 3E4220, Etude Chantrelle, inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de Fran\u00e7oise Vincampt (1797-1857), femme de Dominique Darvillers qui a per\u00e7u 716 litres de bl\u00e9 (valant 98 frs) et 29 frs pour trois mois d\u2019activit\u00e9 au service de sept agriculteurs, 21 septembre 1857.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> ADS, 3E4222, Etude Chantrelle, quittance Dumont-Revel, 25 avril 1858.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> ADS, 3E17423, \u00e9tude L\u00e9vesque \u00e0 Montdidier, obligation par la veuve Bourbier \u00e0 Am\u00e9d\u00e9e Bennezon et Narcisse Bourbier, 10 juillet 1865.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Herv\u00e9 Bennezon, <em>La Vie en Picardie au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Les Indes Savantes, 2012, p.&nbsp;179-181, ; <em>Mis\u00e8re et violence en Picardie (1589-1789)&nbsp;<\/em>\u00bb, Paris, Les Indes Savantes, 2023, p. 190-194.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> Jacqueline Picoche, <em>Un Vocabulaire picard d\u2019autrefois, Le Parler d\u2019Etelfay (Somme)<\/em>, Arras, CNRS, Archives du Pas-de-Calais, 1969, p. 37-39.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> ADS, 1R119, Arrondissement de Montdidier, canton de Moreuil, ann\u00e9e 1822, Pierre Bennezon&nbsp;; 1R332, Hilaire Bennezon, ann\u00e9e 1862.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> ADS, 3E17423, Etude Levesque \u00e0 Montdidier, 9-11 juillet 1865&nbsp;; Jean-Marie Chanut, Jean Heffer, Jacques Mairesse, Gilles Postel-Vinay, \u00ab&nbsp;Les disparit\u00e9s de salaires en France au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle&nbsp;\u00bb, <em>Histoire et Mesure<\/em>, Vol. X, 1995, p. 381-409.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> ADS, 3E17423, Testament de Madame Wattebled, n\u00e9e Ducastel, 13 juin 1870.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> Selon une carte postale comm\u00e9morative \u00e9dit\u00e9e vers 1900.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> ADS, Monographie de Fontaine-sous-Montdidier r\u00e9dig\u00e9e par l\u2019institutrice en 1898. Il pourrait s\u2019agir d\u2019Emile Warne, 14 ans en 1870, ou de Florentin Lecul, 13 ans. Si Jean-Baptiste Delamare, n\u00e9 \u00e0 Figni\u00e8res, 18 ans, et Charles Dambrine, n\u00e9 \u00e0 Hangest, 20 ans, \u00e9taient domestiques \u00e0 la ferme de Belle-Assise en 1872, rien ne permet de savoir s\u2019ils vivaient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Fontaine en 1870.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> ADS, 99R2110, Dossiers de dommages de guerre par communes, canton de Montdidier, 1872.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> ADS, 99R3672, Dommages de guerre, canton de Montdidier, 1871&nbsp;; 99R2110, Dossiers, 1872.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> Appert (g\u00e9n\u00e9ral), <em>Rapport d\u2019ensemble sur les op\u00e9rations de la justice militaire relatives \u00e0 l\u2019insurrection de 1871, Annales de l\u2019Assembl\u00e9e Nationale<\/em>, 1875, tome 43, 20 juillet 1875, annexe n\u00b0&nbsp;3212, p. 262.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> Etat civil de Paris, d\u00e9c\u00e8s de Narcisse Bourbier, h\u00f4pital Saint-Antoine, 4 juin 1901\u00a0<strong>; <\/strong>Cimeti\u00e8re du P\u00e8re Lachaise, registres d&rsquo;inhumation, 6 juin 1901, translation des cendres au cimeti\u00e8re de Montdidier, 17 ao\u00fbt 1906\u00a0; recensement de 1906, p. 58\/74, Honorine Renault, n\u00e9e en 1843, renti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> ADS, Recensement de Courtemanche, 1872.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> <em>Le Progr\u00e8s de la Somme<\/em>, 21 octobre 1877.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> ADS, Etat civil de Courtemanche, d\u00e9c\u00e8s de Joseph Decour d\u00e9clar\u00e9 par Am\u00e9d\u00e9e Bennezon, 18 ao\u00fbt 1891. La mention de \u00ab&nbsp;berger&nbsp;\u00bb est ray\u00e9e et remplac\u00e9e par \u00ab&nbsp;garde-champ\u00eatre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> La premi\u00e8re mention d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Bennezon dans l\u2019\u00e9tat civil de Courtemanche date de son mariage (18 janvier 1862, p. 182\/268). 2<sup>e<\/sup> mention le 20 juin 1870 \u00e0 la mort de sa belle-m\u00e8re, p. 266. Entre 1870 et 1897, il a d\u00e9clar\u00e9 7 naissances et 8 d\u00e9c\u00e8s (1870-1872, 1874-1877, 1884-1885, 1891, 1893, 1895, 1897), a \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin de 2 mariages (On\u00e9sime Gadiffert et D\u00e9sir\u00e9e Goret le 11 octobre 1875&nbsp;; H\u00e9lo\u00efse Lebaudy et Gustave Hutin le 19 d\u00e9cembre 1881)&nbsp;; ADS, 99O1288, Courtemanche, proc\u00e8s-verbaux de d\u00e9mission de membres du conseil municipal, 1898 et 1902.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> <em>Le Progr\u00e8s de la Somme<\/em>, 25 f\u00e9vrier 1882.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> <em>Le Progr\u00e8s de la Somme<\/em>, 17 juillet 1894.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> ADS, Etat civil d\u2019Hangest, d\u00e9c\u00e8s de Robertine Bennezon, 54 ans, 23 novembre 1882&nbsp;; Hilaire Bennezon, 43 ans, 6 juillet 1886&nbsp;; M\u00e9lanie Bennezon, 72 ans, 25 mai 1898&nbsp;; Amiens, L\u00e9ontine Bennezon, 55 ans, 18 d\u00e9cembre 1889&nbsp;; Villers-Bretonneux, No\u00eblle Bennezon, 66 ans, 5 novembre 1895.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> ADS, 3E27753, Etude Courcy \u00e0 Amiens, vente de la maison d\u2019Isabelle Prousel, 14 octobre 1898.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> <em>Le Radical<\/em>, 24 juillet 1911.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a> ADS, 3M1110, Elections \u00e0 Courtemanche, 1878-1912.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> ADS, 99O1288, Municipalit\u00e9 de Courtemanche, 85 centimes de poudre, 24 novembre 1912.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> Etude Chapuis \u00e0 Montdidier, testament d\u2019Apolline Bourbier, 9 juin 1913.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> ADS, 10R375, dossier Am\u00e9d\u00e9e Bennezon, r\u00e9fugi\u00e9 16 rue Raoul-Levavasseur \u00e0 Breteuil, 8 juillet 1920&nbsp;;<em> Journal Officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise<\/em>, 16 novembre 1921.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> ADS, 3Q22\/131, D\u00e9claration de mutations, Am\u00e9d\u00e9e Bennezon, 22 septembre 1924, lieux-dits \u00e0 Courtemanche&nbsp;: \u00ab&nbsp;Par-dessus l\u2019Eau, Sous le Ponceau, Au Bois de Voyeux&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Le Chemin du Ponceau ou du Moulin&nbsp;\u00bb \u00e0 Fontaine.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> ADS, Recensement de Courtemanche, 1921.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a> Testament par M<sup>e<\/sup> Chauvin, notaire \u00e0 Montdidier, 4 octobre 1921&nbsp;; ADS, 3Q22\/131, D\u00e9claration de mutations, Am\u00e9d\u00e9e Bennezon a d\u00e9sign\u00e9 pour h\u00e9riti\u00e8res L\u00e9ontine Revel, \u00e9pouse S\u00e9n\u00e9, Emma Platel, veuve Denizart, et Marie Condeville ; au cimeti\u00e8re communal, il ne reste rien de la tombe d\u2019Am\u00e9d\u00e9e et d\u2019Apolline Bennezon.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au cours de mes recherches aux Archives d\u00e9partementales de la Somme, j\u2019ai crois\u00e9 le nom d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Bennezon, berger \u00e0 Courtemanche dont j\u2019ignorais [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":348,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[30,32,31],"class_list":["post-345","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-les-inconnus-des-archives","tag-elevage","tag-commune-de-paris","tag-courtemanche"],"featured_image_src":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Cabane-de-berger-600x400.jpg","featured_image_src_square":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Cabane-de-berger-600x600.jpg","author_info":{"display_name":"Herv\u00e9","author_link":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/?author=2"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/345","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=345"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/345\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":351,"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/345\/revisions\/351"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/348"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=345"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=345"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.herve-bennezon.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=345"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}